Faire revivre une vocation oubliée

février 09, 2016

Parmi les nombreux métiers qui tombent en désuétude aujourd’hui, celui de maréchal équestre tente d’être remis au gout du jour par Joël Bernier. Ce métier auparavant réservé à l’armée, et qui veille sur le cheval et son mode de vie, se développe à Brandon sous l’impulsion de ce passionné, qui ne vit que pour partager son amour et sa connaissance des chevaux.

Joël Bernier, qui a grandi au Québec, nourrit cette passion pour les chevaux depuis sa tendre enfance. « Un jour, j’ai gagné un cheval. À partir de ce moment, j’ai décidé d’y consacrer ma vie. Mon grand-père était maréchal équestre, j’ai été bercé là-dedans. »

Passé par le Manitoba il y a huit ans, alors qu’il était camionneur, il a adopté cette province il y a maintenant trois ans et demi. Il voit ici plus de perspectives pour son métier : « J’ai démarré au sud de l’Ontario, mais la concurrence était très forte. J’ai alors eu l’occasion de venir au Manitoba. Je l’ai saisie. »

La demande importante à Brandon, ainsi que la possibilité de faire une piste de course ont définitivement convaincu Joël Bernier de sa destination.

    

Le métier de maréchal équestre est un métier complexe, qui nécessite des qualités diverses et surtout une grande connaissance du corps et du fonctionnement de l’animal : « C’est très complet comme métier, on travaille sur le corps et le bien-être du cheval, sa santé physique qui passe par les fers, les équipements. On travaille aussi avec la réflexologie, on prend en compte l’alignement du squelette, la tension musculaire… C’est un beau métier qui touche à toutes les disciplines. Il faut une connaissance poussée des chevaux et de la biomécanique. »

C’est pour qu’un tel métier ne se perde pas que Joël Bernier propose des cours, des formations autour de toutes les choses à savoir sur le cheval. Son projet de monter une école autour de la profession de maréchal équestre prend d’ailleurs forme : « On souhaite monter une école de métier, dès la huitième année. Il est facile de faire de la promotion, et on sait que beaucoup d’élèves sont intéressés. On est en train de monter la structure physique, et de chercher les financements et les autorisations. Sur papier, tout est prêt pour offrir de futurs services aux jeunes. »

Pour lui, une telle formation manque au paysage : « Il existe des services de maréchal-ferrant, de nutritionniste, d’entraineur, mais pas de maréchal équestre. »

Pour autant, son métier lui offre de nombreuses perspectives, et lui permet de travailler avec des gens divers et variés : « Aujourd’hui, je travaille seul, parfois avec une thérapeute qui aide les personnes handicapées, physiques et mentales, avec les chevaux. C’est un beau projet, il y a des choses à faire pour continuer dans ce sens. »

Fort de son expérience, Joël Bernier est souvent mandaté par les ranchs pour prodiguer des conseils sur la sécurité des chevaux, les procédures à suivre. Le métier de maréchal équestre étant rare, sa réputation commence à le suivre. Travailler, proposer des formations et des activités dans les deux langues est, de plus, un bon atout pour Joël Bernier : « Je mise beaucoup également sur le tourisme. Il y a beaucoup de touristes francophones qui sont passionnés par l’Ouest, le Western, mais ils n’osent pas venir par peur de la langue. Offrir des services en français peut développer cette facette. »

Toujours prêt à prodiguer des conseils auprès de tous les propriétaires de chevaux de ses alentours, Joël Bernier continue de faire pousser son rêve de voir son école s’ouvrir, pour faire vivre encore longtemps le métier de maréchal équestre.