À la recherche de nouvelles aventures

Quand il a atterri au Manitoba en août 2017, Elliott Gaillard, 17 ans, se demandait pourquoi ses parents, Sébastien et Vanessa, l’avais fait déménager au Canada. Un an plus tard, à l’occasion de l’Action de grâce, il remerciait « ses chers parents » de l’avoir emmené au Manitoba. Des mots qui ont profondément ému Sébastien Gaillard.

« Nous sommes arrivés de France le 3 août 2017 avec deux adolescents, explique le père de famille. On logeait en Airbnb les premières semaines, et mon fils se demandait ce qu’on était venu faire ici. Puis il est rentré au Collège Louis-Riel, et je n’ai plus jamais entendu ce questionnement. Ma fille Manon, elle, est comme un poisson dans l’eau depuis son arrivée. Elle a son groupe d’amis, fait du théâtre, de la musique… Je vois mes enfants épanouis. Le Manitoba leur va bien. »

Lassé de la France, Sébastien Gaillard souhaitait partir à l’aventure dans un autre pays. « On avait fait le tour de la France, et on avait entrepris énormément de choses. On avait envie de découvrir de nouvelles cultures et de nouvelles façons de vivre. » Amoureux de nature, son choix s’est porté sur le Canada. « Il y a les grands espaces et le modernisme en même temps. Et la philosophie canadienne nous convenait bien. »

La famille Gaillard a commencé les démarches d’immigration il y a cinq ans. « J’ai visité l’Ontario et le Québec avec ma femme. On a commencé la procédure pour le Québec, mais il y a eu des complications. Entre temps, on avait continué nos recherches. On a contacté Brigitte Léger, et je suis venu en visite exploratoire en avril 2016. »

Pendant sa semaine de visite, Sébastien Gaillard n’a pas chômé. « J’ai essayé d’optimiser mon temps. J’ai fait le tour de Winnipeg à pieds. Je logeais chez des Canadiens en Airbnb et j’ai vécu la convivialité à la canadienne. Brigitte Léger m’avait aidé à préparer un itinéraire avec des gens à rencontrer, et j’étais préparé aussi de mon côté. J’ai été surpris par le nombre de contacts que j’ai réussi à obtenir en cinq jours. En France, après un certain âge, tu ne vaux plus rien. Au Manitoba, toute mon expérience, tout ce que j’avais créé avait de l’importance. »

Un an et un mois plus tard, la famille Gaillard a reçu la résidence permanente. « On attendait impatiemment de venir. En deux mois, on a tout réglé en France. Les enfants ont fini l’école et on est partis. On ne connaissait pas le Manitoba, c’était un nouvel endroit à explorer. Sa situation géographique au cœur du continent, juste avant le Grand Nord, à la frontière des États-Unis et proche de l’Amérique du Sud nous a motivés. »

À leur arrivée, la priorité de Sébastien et Vanessa Gaillard était de trouver un emploi. « En tant que papa, il fallait vite que je nourrisse ma famille. Dix jours après mon arrivée, j’ai commencé à passer des entretiens. Je me suis vite aperçu que ce n’était pas si facile, mais j’étais prêt à faire n’importe quoi. J’ai commencé par travailler à temps plein dans un centre d’appel. Puis j’ai eu un entretien pour travailler à la Maison Gabrielle Roy. Je leur ai écrit toutes les semaines pour savoir si j’avais le poste. Ils ont mis un mois à se décider. »

Pour sa part, Vanessa Gaillard a commencé la suppléance à la DSFM deux mois après son arrivée. « Elle faisait de la suppléance dans les différentes écoles. En janvier, elle a eu un poste fixe à l’École Christine-Lespérance, où elle est restée jusqu’à fin juin. À présent, elle est de nouveau en suppléance et est en attente de postes fixes. »

Depuis son arrivée, Sébastien Gaillard a aussi pu explorer son côté artistique. « Au niveau écriture, le Canada m’a incroyablement aidé. Je suis redevable : j’ai accompli plus en un an que je n’aurais jamais imaginé. En France, j’étais auteur et éditeur, mais je ne rentrais pas dans le moule. C’était blessant. Ici, je réalise que mon travail n’est pas en vain, et c’est très motivant. »

Après un an au Manitoba, Sébastien Gaillard est ravi de sa décision. « Pour une première année, c’est bien. Je m’attendais à ce que ce soit plus dur que ça. Mon travail me passionne, et je n’aurais jamais eu la chance d’occuper un poste comme ça en France. On tombe encore des nues devant ce qu’on découvre dans la province, c’est chouette. La ville explose artistiquement et culturellement. Elle est en plein développement et a son rôle à jouer parmi les grandes villes du Canada. »