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Ce qui a commencé par une volonté d’offrir à ses amis la chance de garder des souvenirs visuels de qualité de leurs expériences sportives, est devenu pour Bocar Diallo une passion et une profession. En mars 2023, il a lancé à Winnipeg sa propre entreprise de photographie, Bo Creative.
Originaire du Sénégal, Bocar Diallo est arrivé au Manitoba avec ses parents et ses deux sœurs cadettes en 2010. Un ancien du Collège Louis-Riel puis de l’Université de Saint-Boniface (USB), c’est là, précisément autour des terrains de sport, qu’il s’est découvert une passion pour la photographie.
« J’ai commencé à aimer la photographie il y a quatre ou cinq ans par le sport, explique-t-il. Quand je grandissais, j’étais athlète. Je jouais plusieurs sports, notamment du basketball, mais j’ai remarqué que je n’avais aucune photo de moi quand je faisais mes sports, aucune photo de mes moments. Tous ces souvenirs de sport ne vivent aujourd’hui que dans ma mémoire, ma tête, mon cœur. »
« C’est là que j’ai eu l’idée de prendre des photos de mes amis pour qu’ils aient, eux, des photos souvenirs de leurs moments sportifs. J’ai acheté ma première caméra, et j’ai commencé à prendre des photos pour mes amis qui jouaient des sports. »
Bocar Diallo ajoute qu’avant même de se mettre à la photographie sportive, « j’aimais déjà beaucoup analyser les photos de grands athlètes, de la NBA notamment ». Couleurs, jeux de lumière, angles, positionnements… Autant de petits détails avec lesquels il s’était donc déjà familiarisé avant de les mettre en pratique.
« Pour me former à la photographie, j’ai utilisé YouTube et des livres, comme La photographie pour les nuls, poursuit-il. J’ai aussi un oncle photographe du côté de mon père qui a pu m’apprendre les bases. Il n’est pas professionnel, mais c’est lui qui prenait toutes mes photos quand j’étais bébé. »

Encouragé par sa mère et appuyé par le CDEM, Bocar Diallo a fini par officialiser ses services en créant sa propre entreprise de photographie : Bo Creative.
« C’est ma mère qui m’a conseillé d’en faire un projet d’entreprise et qui m’a connecté avec une personne qu’elle connaissait au CDEM, Salimata Soro. Ça fait plus de trois ans maintenant. »
Il se souvient d’un processus « beaucoup plus compliqué que je pensais. Je croyais qu’il fallait juste enregistrer son nom d’entreprise et c’est tout, mais il fallait aussi enregistrer un compte bancaire pour l’entreprise, et plein d’autres choses. En tout, ça a pris environ six mois pour créer officiellement mon entreprise de photographie, et j’avais beaucoup d’aide du CDEM et de ma mère ».
Parmi les défis rencontrés, il mentionne d’abord le nom de son entreprise. « J’avais beaucoup d’idées et c’était difficile pour moi de trouver le bon nom. Je voulais quelque chose de bilingue, qui se prononce et se comprenne bien dans les deux langues officielles, pour attirer aussi bien les clients francophones que les clients anglophones. Et je voulais que ça montre ma créativité. Finalement, j’ai choisi de l’appeler Bo Creative. »
Obstacle supplémentaire, un nom d’entreprise semblable était déjà utilisé dans un autre domaine. « On a dû prouver au gouvernement qu’il s’agissait bien de deux compagnies différentes. Ça a retardé la création officielle de mon entreprise », se souvient Bocar Diallo.
Une fois Bo Creative créée, en mars 2023, le jeune entrepreneur raconte s’être fait surprendre par les exigences liées à la livraison et à la conservation de ses photos.
« Je n’avais pas anticipé que ce soit aussi technique et demandant. Je me retrouvais à prendre beaucoup plus de photos que ce à quoi j’étais habitué, et il fallait que j’achète vite des services comme Dropbox ou Google One pour sauvegarder et organiser mes photos dans une même place. Tout ça pour faciliter le processus de traitement et livraison des photos aux clients ensuite. »

Aujourd’hui, Bo Creative est régulièrement sollicitée par les Rouges de l’USB et Sports en français pour prendre des photos de leurs évènements sportifs et banquets. Bocar Diallo prend aussi des photos d’évènements privés, comme des baptêmes et des anniversaires, ou corporatifs, comme la foire d’emploi annuelle du CDEM.
Il propose aussi des services de portraits. « J’ai un grand fond blanc en papier ainsi qu’un système de trois lumières, que je peux apporter et installer sur place chez les gens. »
Une diversification pour laquelle il crédite le CDEM. « Initialement, je voulais me consacrer à la photographie sportive. C’est le CDEM qui m’a encouragé à élargir mes compétences et ma gamme de services, confie-t-il. Mais les photos de sport restent quand même la plus grande partie de mon travail. C’est vraiment ce que je préfère. »
Encore en train de construire sa clientèle, Bocar Diallo ne se consacre pas encore à Bo Creative à temps plein à l’heure actuelle, mais il espère pouvoir en vivre dans un avenir proche. « Construire son réseau, ça ne se fait pas du jour au lendemain. C’est tout un défi de trouver des nouveaux clients intéressés par mes services. Je travaille fort pour pouvoir un jour faire de la photographie à temps plein.
« Ce qui rend mes photos uniques, c’est ma façon de mettre des couleurs dans mes photos et de capturer les émotions, termine-t-il. Avant tout, je photographie des moments. »

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